Historique

Les toutes premières formes d’utilisation de la biométrie remontent à bien plus longtemps que ce que la plupart des personnes croient. En effet, dès -3000 avant J-C, les historiens ont des traces d’échanges commerciaux babyloniens utilisant les empreintes digitales pour la transaction de biens, en office de signature, ou encore vers le 7ème siècle en Chine antique pour les mêmes raisons.

On observe par contre une période « d’inactivité », durant laquelle on ne dispose pas de nouvelles découvertes à propos de la biométrie. Ainsi, jusqu’au 17ème siècle, nous ne détenons aucune ressource à propos de l’histoire de la biométrie.

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thcaij5pzj-1.jpgCependant, au 17ème siècle, un médecin italien, Marcello Malpighi (1628-1694) effectue des recherches sur les empreintes digitales, et découvre la couche basale de l’épiderme (couche quasiment la plus à l’intérieur). Le botaniste et anthropologiste Nehemiah Grew (1641-1712), fut le premier à décrire les dermatoglyphes (plis et crêtes épidermiques du doigt) dans son écrit Philosophical transactions. Ses travaux furent poursuivis par Jan Evangelista Purkinje (1787-1869), physiologiste tchèque multilingue, lequel a découvert 9 formes élémentaires d’empreintes digitales (une classification très proche de celle utilisée aujourd’hui), dans sa thèse de 1823.

 

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Sir Francis Galton (1822-1911), physicien anglais réputé, et officiant dans de multiples domaines (anthropologie, statistiques, hérédité, météorologie) fut informé des nouvelles découvertes dans ce domaine, et étant passioné de multiples sciences, dont celle-ci, il décida de travailler sur ce thème. Il réalisa ainsi des recherches sur les mensurations des hommes (taille, poids et d’autres caractères) et établit des statistiques a ce propos. Il déduit de ces travaux que les figures cutanées (formant les empreintes digitales) sont le moyen d’identification le plus performant, le plus sûr, et avec la marge d’erreur la moins importante. C’est dans l’ouvrage Fingerprints qu’il présente toutes ses études étalées sur dix ans. Celui-ci est publié en 1892, et explique que les empreintes digitales sont propres a chaque humain, qu’elles sont uniques et permanentes. Dans cette même thèse, il estime la probabilité que deux humains aient les mêmes empreintes digitales à 1 chance sur 64 milliards. william-james-herschel.jpgWilliam James Herschel était le premier européen à démontrer que les empreintes digitales sont uniques et persistantes tout au long de la vie, ce qu’il put prouver en enregistrant ses empreintes digitales regulièrement tout au long de sa vie. Il fut le premier a utiliser la technique décrite dans un cas concret. En effet, lors de son engagement au Bengale (en Inde) dans les forces du Royaume Uni en tant qu’officier, il fut le premier à adjoindre les empreintes digitales sur des contrats. Rajyadhar Konai, un homme vivant au Bengale, fut ainsi un des premiers individus à être identifié par ce procédé.

 

Alphonse Bertillon (1853-1914) est un grand criminologue français, qui a beaucoup contribué au développement de la biométrie et a été l’un deedwards-henry.jpgs acteurs s’illustrant le plus pour le développement de la biométrie. Dès son plus jeune âge, lorsqu’il fréquente l’école de Médecine de Clermont Ferrand, il entreprend des réflexions au sujet de l’anthropométrie, et a pour ydtjudty.jpgbut d’insérer cette science dans l’identification de criminels par la police. Il y parviendra plus tard et ses découvertes furent rassemblées dans ce que l’on appelle le système Bertillon, qui fut expérimenté pour la première fois en 1882. Il relève ainsi les mensurations osseuses de différentes parties du corps (taille, envergure, longueur du tronc) et des différents caractères propres à chaque individu (cicatrices, couleur des yeux). Edwards Henry popularisa et généralisa l’utilisation de la dactyloscopie (empreintes digitales) dans la criminologie durant le XXè siècle. Ainsi, à son apogée, le système Bertillon fut utilisé par des organisations de sécurité parmi les plus importantes au monde, tel celle de la sécurité intérieure des USA. Cependant, le système Bertillon se révéla imprécis, et facilement contournable. Une simple opération chirurgicale ou un accident pouvaient en effet mettre en déroute ce système.

Le Bertillonnage fut ainsi victime de l’expansion de l’informatique. Le système informatisé garantissait une meilleure sécurité, et ses données se révélaient quasi-infalsifiables. De plus, le traitement des données est largement plus rapide. Il est concurrencé par le profil ADN, qui est cependant plus internes et qui nécessite des technologies plus performantes.

Par la suite, des produits ont été commercialisés au début des années 1980. L’utilisation des empreintes digitales par le moyen de l’informatisation est omniprésent dans les systèmes de sécurité actuels. Par exemple, lors de l’arrivée aux Etats Unis, une longue queue attend les voyageurs, car chaque personne qui entre sur le territoire des USA se voit contraint de se faire relever ses empreintes digitales et de se faire prendre en photo.

 

 

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Exemple de carte d'identité de l'époque possédant déjà les empreintes digitales du titulaire (1947)

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